Comité pour l'histoire de la Poste

Postes et Télécommunications en Savoie, de l’annexion de 1860 à 1914

Auteur

DUNAND Jean-Louis

Diplôme

Maîtrise

Thématique de recherche

Pagination

190 pages

Direction de recherche

André PALLUEL-GUILLARD

Université

Université de Savoie

Année de publication

Résumé

Les Postes et Télécommunications savoyardes sont définitives l’institution la plus utile, la plus admirable, dont les progrès incessants et l’impulsion des moyens matériels assurent la célérité, l’exactitude, la sécurité des services. Mais en réalité, cette image positive est véhiculée par un travail des personnels âpre et rude, aux mille difficultés d’ordre météorologiques, naturelles mais aussi par la pression des autorités administratives. Celles-ci font cependant que les agents de cette administration ont conscience de l’importance de leurs tâches, de faire un travail utile même pour ceux dont il est par trop machinal, qui se traduit toutefois par des gestes simples et parfois héroïques. En outre, les conditions de travail et de rémunérations deviennent souvent si pénibles et dérisoires que les personnels prolétarisés ont recours à la grève, face à une administration sans angoisse devant une situation qui se dégrade toujours plus.


De 1860 à 1914, trois grèves nationales sont recensées : en 1899, 1906 et celle générale de 1914, suite à une politique vexatoire d’économie envers les employés. Les grévistes voient toutefois leur mouvement s’effriter peu à peu, face à une opinion publique défavorable, la grève s’arrête le 21 mai 1909 et les postiers sont battus. Malgré cela, les conditions s’améliorent progressivement, notamment avec le retour d’Alexandre Millerand (sous-secrétaire d’Etat des Postes et Télécommunications) au gouvernement d’une part, mais surtout avec le regroupement en associations diverses d’autre part. La Savoie bénéficie de ces avantages, même si rien n’atteste une participation massive des personnels des P&T savoyards.


En 1914, ces services prennent part au conflit au niveau humain, et leurs rôles si importants en temps de paix grandissent pendant la guerre pour devenir encore plus utiles, plus précieux. Ils prouvent leur efficacité par le caractère omniprésent qu’ils ont dans le paysage rural et urbain. Cette administration, toujours soucieuse d’économie réussit cependant à saisir les atouts, les enjeux majeurs du département savoyard qu’elle dote de structures homogènes en répondant de cette manière aux aspirations, aux attentes et à la demande d’un public composé de divers corps de la société (paysans, touristes, ouvriers, élites locales…). Celle-ci contrôle d’autre part par d’habiles moyens, l’image extérieure, la représentativité qu’elle souhaite véhiculer. En l’occurrence, elle donne l’image d’une administration inaltérée aux personnels parfaits, rigoureusement choisis. Image contradictoire avec la réalité puisque nombreux sont les agents dont les fautes professionnelles, au sein des divers grades, touchent parfois les limites de la délinquance, opposés aux actes d’héroïsme d’autres postiers.


De plus, la situation de certains employés est si déplorable que la connaissance de cette réalité par le public risque de ternir l’image que souhaite conserver l’administration. Aussi, et en dernier lieu, il convient de remarquer que dans notre ère actuelle, les atouts du département de la Savoie ne changent pas. Ils évoluent certes, mais en créant des enjeux similaires à la période étudiée. Le tourisme est toujours très présent en Savoie, mais il se transforme. En effet, le département est devenu le premier espace français pour les sports d’hiver avec 70 sites qui correspondent à un aménagement volontariste de la montagne. Celle-ci et le tourisme estival sont aussi une réalité avec plus de 4 000 kilomètres de sentiers balisés, trois parcs naturels qui font de la Savoie un potentiel touristique de premier ordre.

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