C’est en 1845 qu’un postier alsacien François Donat Blumstein réussi à faire accepter à l’administration des Postes l’idée de mettre à profit la durée du trajet pour faire procéder, en cours de route, au tri manuel des correspondances, par des postiers, dans un wagon spécialement aménagé. Les ambulants postaux sont nés en France. En Angleterre, Belgique ou Allemagne, ils existent depuis quelques années déjà.
Très vite, par le biais du rail, les services ambulants, dont les lignes sont calquées sur les réseaux des grandes compagnies de chemin de fer, vont drainer un important courrier d’un point à l’autre du territoire. A tel point qu’avant la Seconde Guerre mondiale, la quasi-totalité du trafic postal était acheminée par une multitude de services mobiles circulant de jour comme de nuit.
Pourtant si l’apogée des services mobiles se situe dans les années 1936-39 avec plus de 300 services de bureaux ambulants (contre 83 en 1855), l’essor fut ralenti vers les années 1950 avec la réorganisation des transports du courrier vers d’autres modes d’acheminement. En 1956, il ne reste que 130 services ; en 1967, il y en a 121. Le couperet tombe à partir de 1974, avec 62 services, à la suite de la mise en place des centres de tri automatiques.
La réorganisation de l’acheminement ainsi que la modernisation des techniques postales aboutissent en 1995 à la suppression définitive des bureaux de poste ambulants.
Pilier de l’acheminement du courrier au cours du XIXe siècle et une partie du XXe, les ambulants postaux ont peu à peu été marginalisés au cours de cette seconde moitié du XXe.
La disparition de ce service de tri mobile, en 1995, conduit à dégager les grandes lignes de l’évolution de l’acheminement. Quel a été le rôle des bureaux ambulants dans l’acheminement postal en 1945 et 1995 ? La suppression de ce service répond-elle à des impératifs économiques ? Les ambulants ont-ils été sacrifiés au nom de la productivité et du rendement, ou s’inscrit-elle dans un processus inéluctable de modification de cet acheminement postal ?
D’autre part, depuis leur création, les ambulants développent une image et une réputation particulière dans l’imaginaire collectif postal. Très vite, les ambulants ont été considérés comme des postiers à part entière que l’on a nommé « les seigneurs de la Poste ». Qui sont ces hommes et quel a été leur rôle au sein de l’entreprise Poste ?