Sous l’Ancien Régime, on appelle “Cabinet noir” le service chargé d’examiner pour des raisons de sécurité les correspondances privées. La censure politique des lettres s’est développée à l’époque de Richelieu et sous le règne de Louis XIV ; mais c’est sous Louis XV qu’un service particulier est créé à cet effet, sous le nom de Cabinet du secret des Postes ou cabinet noir, pourvu d’un outillage spécial pour la reconstitution des cachets. Par arrêt du 10 août 1775, Louis XVI déclare que la correspondance privée est dorénavant inviolable et défend d’utiliser en justice des lettres interceptées. Mais cette mesure ne mettra pas fin à la censure des correspondances privées, que la Révolution et Napoléon ainsi que les dirigeants politiques en période de guerre utiliseront largement.
