Comité pour l'histoire de la Poste

Portrait d’une illustre lignée de robins bordelais : Les Présidents de Casaux, essor et déchéance au siècle des Lumières

Autrice

BACCAUNAUD Sophie

Diplôme

Master d’histoire moderne

Thématique de recherche

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Direction de recherche

François Cadilhon

Université

Université Bordeaux Montaigne

Année de publication

Résumé

Révélée par la plume du régisseur Pierre Bourdet après deux cents ans d’oubli, la famille de Casaux représenta, tout au long du siècle des Lumières, un idéal type de la noblesse de robe bordelaise. Magistrats au Palais de l’Ombrière de 1685 à la dissolution du Parlement en 1790, les de Casaux se hissèrent, en quelques décennies, à la tête de la société nobiliaire de Guyenne, occupant la prestigieuse fonction de Président à mortier pendant près de quatre-vingt ans. Enrichis grâce à des unions matrimoniales révélatrices des enjeux socio-économiques du temps, mêlant l’essor du monde négociant et le prestige de l’ancienne noblesse d’épée, les Présidents de Casaux investirent dans le sol et la pierre, marquant de leur empreinte le Bordelais du XVIIIe siècle. Dernier représentant de la lignée au Parlement, Guillaume Joseph de Casaux connut une destinée exceptionnelle. Marié en 1780 à la fille du marquis de Taillefer, la douce Marguerite Thérèse Fortunée, héritier de ses aïeux et du plus riche bordelais de l’époque, l’Avocat Général François Armand Saige, propriétaire d’un vaste hôtel au cœur de Bordeaux, d’une belle propriété de campagne à Mérignac et d’îles sur la Garonne, il incarnait à la perfection l’idéal du Second Ordre bordelais. Ayant échappé à la lame révolutionnaire malgré plusieurs mois d’emprisonnement sous la Terreur, Guillaume Joseph atteignit, sous le Directoire et le Consulat, la tête de la société parisienne aux côtés de son épouse, devenue salonnière dans la société des Incroyables et des Merveilleuses, et faisant de sa fille, Laure, la plus riche héritière de la capitale. Pourtant, par delà les apparences, derrière un tableau paraissant idyllique, grisé par une fortune qu’il s’avéra incapable de gérer, orphelin de son fidèle conseiller Pierre Bourdet, l’ancien magistrat de l’Ombrière multiplia les faux pas financiers et entraina sa famille dans une chute aussi brutale qu’irréversible à l’aube des années 1810, laissant sombrer le nom de Casaux et sa dernière représentante dans l’oubli.


Au-delà d’avoir mis au jour l’incroyable parcours des Présidents de Casaux et d’avoir ressuscité l’une des plus grandes familles de la noblesse de robe bordelaise du XVIIIe siècle, jusqu’alors délaissée par l’historiographie, les soixante-dix lettres écrites par le régisseur Pierre Bourdet entre les mois de septembre 1787 et 1788, nous révèlent les dessous de l’organisation postale de la Guyenne pré-révolutionnaire ainsi que les codes, multiples, régissant les échanges épistolaires des élites parlementaires girondines du siècle des Lumières. Témoin de la richesse des écrits du for privé, la correspondance de Pierre Bourdet met aussi bien en avant l’histoire sociale, qu’économique ou encore politique, dévoilant à chaque ligne les préoccupations, le quotidien et les mentalités du temps ainsi que le rôle, essentiel, du régisseur-intendant dans les grands domaines viticoles bordelais de la Seconde Modernité.

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