Le messager de l’époque capétienne nous est accessible par des sources variées. De ce fait apparaissent plusieurs figures de ce porteur invitant. D’abord, le porte-rouleaux qui assurait un geste indispensable à la cohésion des abbayes. Ensuite, le messager, thème récurrent des lettres médiévales, a déjà pour une part été étudié par ailleurs. Les sources doctrinales ont élaboré le stéréotype du bon messager. La documentation pragmatique montre, elle, qu’il existait une extrême variabilité dans le statut de la personne susceptible de servir, pour une durée elle-même variée, de messager et que, si tout le monde ne pouvait être un messager appointé par le roi, chacun pouvait un jour s’improviser messager en fonction des circonstances. Correspondant traditionnellement aux origines de la Poste en France, cette matière avait en fait intéressé depuis le XVIIe siècle. Son étude révèle, de plus, d’intimes problèmes inhérents à la condition de l’historien.