Nombreux sont les artistes plus ou moins reconnus qui travaillent pour le compte de l’administration postale depuis 1928, année d’émission du premier timbre-poste français gravé en taille-douce. Cette technique, devenue le procédé par excellence de création des timbres-poste en France, se développa et connut des temps forts avec les années 1930 et jusque dans les années 1970. Tous les timbres-poste, à quelques rares exceptions, sont alors gravés par des artistes.
Peu à peu, l’apparition de nouveaux procédés de fabrication, tels que l’héliogravure, l’offset et la gravure assistée par ordinateur, s’impose à la taille-douce traditionnelle. Aussi, le poinçon, plaque en acier qui sert de support au graveur, est progressivement remplacé par des procédés électromécaniques et photochimiques permettant d’obtenir des délais d’exécution et des coûts de fabrication bien moindres et sans doute mieux adaptés à des productions industrielles. Cette étude présente une analyse de l’évolution de l’art de la gravure, de sa place et de son rôle dans le domaine de la philatélie durant une période précise, de 1928 à nos jours. Le statut de l’artiste graveur et sa reconnaissance artistique évoluent au même titre que changent le statut de l’administration postale, sa politique et ses besoins liés aux exigences économiques du marché.
L’examen approfondi des créations philatéliques, commandes régies par un cahier des charges strict ainsi que des conditions de travail et de l’investissement des graveurs de timbres face à leur métier, a permis de présenter les particularités esthétiques et plastiques de leurs travaux et de leur attribuer une place dans le domaine de l’art.