La Première Guerre mondiale est à l’origine de changements fondamentaux qui modifient l’organisation et la composition du réseau postal français. Les quatre années de guerre sont péniblement vécues par le réseau postal girondin. Même éloigné du front, il souffre considérablement du manque de moyens financiers et des pénuries en hommes et en matériel. Quelques solutions sont apportées, durables ou non (dans le personnel notamment), pour pallier toutes les difficultés, mais celles-ci persistent toujours. Le développement du réseau est dans l’expectative, aucune croissance réelle n’a lieu durant la guerre.
Après le premier conflit mondial, le réseau postal français panse ses plaies. L’immédiat après-guerre (1918-1922) constitue une période de légère reprise qui finalement pose les bases pour l’envol des années 1920. Le réseau postal girondin connaît alors un essor quantitatif très important à l’image de la multiplication par cinq du nombre de bureaux de poste. Elle souhaite désormais mettre l’accent sur la qualité du service rendu, la quantité étant déjà acquise. Des années 1920, le réseau postal girondin sort grandi par près de dix ans de croissance et entre à partir des années 1930 dans une nouvelle phase de troubles politiques, économiques et sociaux hostile à l’administration des Postes.
La décennie des années 1930 constitue une phase de perfectionnement pour le réseau postal girondin. La récession qui s’abat sur la France relance les difficultés financières de la Poste qui dureront au-delà du second conflit mondial. La politique postale ne peut donc pas être quantitativement comparable à celle des années 1920, aussi observe-t-on un certain essoufflement dans le nombre de créations en infrastructures postales. En dialogue permanent avec les autorités politiques et économiques locales, la direction départementale de la Gironde privilégie toujours les créations de recettes postales en milieu rural et met l’accent sur l’amélioration des structures de son réseau, dans le but d’atteindre un service postal quasi-parfait. Avec la PAR, elle affirme encore sa volonté sa volonté de servir le public en venant à sa rencontre. Le fonctionnement même de son réseau fait également l’objet de modifications demandées par les municipalités girondines, mais dans l’ensemble la situation s’avère globalement positive. Malgré le contexte de crise, le réseau connaît une période de stabilité dans sa marche qui va être interrompu par l’entrée en guerre.
Toute la durée du second conflit mondial se caractérise par la paralysie du réseau postal et girondin : le développement quantitatif et qualitatif du réseau est stoppé. La drôle de guerre est marquée par les mouvements du personnel et des services postaux à travers tout le pays, entraînant la désorganisation de l’administration. Après l’Armistice, l’occupant dicte sa loi en matière de transmission des correspondances : il organise des services de censure et de contrôle des lettres et fixe démarcation, souffre de nombreuses pénuries qui altèrent son fonctionnement et nuisent à ses rendements. Il faut attendre une dizaine de mois après la Libération et ses nouvelles destructions pour que la situation redevienne quasi-normale.