Comité pour l'histoire de la Poste

La correspondance de la famille Chauviteau au début du XIXe siècle

Autrice

TRAMUT Nora

Diplôme

Master d’histoire contemporaine

Thématique de recherche

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Direction de recherche

François Cadilhon

Université

Université de Bordeaux-Montaigne

Année de publication

Résumé

Jean Joseph Albert Chauviteau, dit Salabert, est un Français exilé de Guadeloupe, qui a réussi à introduire et à faire prospérer son commerce de café dans la Havane espagnole. Bien que sa correspondance se limite majoritairement aux lettres que Salabert reçoit, il entretient des relations avec sa famille, installée en Nouvelle-Angleterre, en France ou dans les Caraïbes, d’une période allant de son arrivée à Cuba en 1797, jusqu’à sa mort en France en 1823. Ses lettres, retrouvées par Emmanuel Boëlle au sein du foyer d’une de ses descendances, avant d’être conservées par les Archives Départementales de la Gironde depuis 2016, ont une valeur inestimable pour l’Histoire, autant celle des Caraïbes que celle de la Poste. C’est tout naturellement qu’après une lecture de l’intimité de cette famille que leurs souvenirs devaient être étudiés afin d’en comprendre les valeurs politiques, sociales, morales et commerciales qu’elle partageait à travers divers lieux autour de l’Atlantique.


Ainsi, sur une période d’un quart de siècle, ce mémoire soulève plusieurs interrogations économiques et humaines, dont le sujet principal est la vie d’exilé politique français contre le nouveau système napoléonien, qui renie les valeurs esclavagistes et commerciales des planteurs guadeloupéens. Les nouvelles lois ont alors fait chuter le système économique de la Guadeloupe, à l’instar de Saint-Domingue quelques années auparavant. La famille Chauviteau va suivre un long périple, où l’éclatement du noyau familial donne lieu à des émouvants échanges épistolaires d’une famille brisée par l’instabilité politique de la France. Autour de Salabert, sa femme, ses enfants, ses parents, ses frères, sa sœur, ses cousins, et d’autres plus éloignés sont l’objet d’une étude partielle sur leur intervention et leur influence dans la vie de Salabert. C’est ainsi que ce mémoire démontre la formidable entraide et solidarité entre les différents membres, jusqu’à la sororité des veuves en France. Au-delà de la famille Chauviteau, une correspondance avec les autres commerçants espagnols de l’île de Cuba a été entretenue par Salabert. Ces lettres ont permis de sortir de ce cadre familial et de comprendre l’activité économique que Salabert avait construit à la Havane. La mise place de son affaire était une fabuleuse opportunité pour réussir dans un pays étranger, avec aucune fortune, mais seulement sa détermination et son courage. De plus, il a eu des circonstances propices, dont son mariage avec Serafina Aloy en 1803, issue d’une famille noble espagnole, et de son association avec Francisco Hernandez, qui est une coopération autant dans l’aspect commercial que parental, puisqu’il est marié à la sœur de Serafina.


Parmi les cinq cent trente-neuf lettres, l’étude a été considérable, mais centrée autour de la vie de Salabert. Il n’en reste pas moins du double, ou même du triple à étudier autour de la descendance de Salabert, et de la famille proche de Séraphine en Espagne.

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