Comité pour l'histoire de la Poste

Eléonore Batthyany-Strattman : Frauen Mutter, Schön Lori : à travers sa correspondance avec son fils Louis Batthyany

Autrice

LÈZE Laura

Diplôme

Master d’histoire moderne

Thématique de recherche

Pagination

418 pages

Direction de recherche

François Cadilhon

Université

Université Bordeaux Montaigne

Année de publication

Résumé

Fille du célèbre chancelier autrichien Théodore Strattman, la correspondance entretenue entre la comtesse Eléonore Strattman et son fils, le futur chancelier hongrois Louis Batthyany participe à la mise en lumière du réseau postal au début du XVIIIe siècle. En effet, l’organisation matérielle du cheminement de la lettre au XVIIIe siècle en Hongrie commençait tout juste à relever de l’intérêt et des projets de la monarchie, qui avait concentré ses ressources sur la reconquête du territoire. Les échanges entre la comtesse et son fils commencèrent en 1711, lors de l’établissement de Louis à Salzbourg afin qu’il y poursuive ses études.


L’exemple d’Eléonore Strattman témoigne de la capacité des femmes à être les destinatrices définitives de leurs correspondants, sans se limiter à un rôle intermédiaire entre l’époux ou le fils. Au contraire, c’est bien son autorité qui rayonne à travers ses lettres sur le cercle familial et administratif.
En décrivant, en parlant de soi, la correspondance permet de reconstruire une nouvelle identité sociale féminine, fondée sur un système de valeur qui nuance les spécificités considérées comme propres à l’écriture des femmes. Ainsi, les lettres sont un témoignage de l’identité intime des correspondantes de la noblesse, qui s’impliquaient diplomatiquement, mais aussi émotionnellement en sortant de l’ombre.
La lettre, en se positionnant à la croisée de l’individuel et du social, témoigne donc de la sensibilité, y compris chez une femme bien souvent intraitable, et dévoile au-delà de l’identité nobiliaire, la solidarité lignagère et les liens dynastiques dans une famille unie.


La première partie de ce travail traite des origines des deux familles, Batthyany et Strattman, ainsi que les raisons de leur alliance. Elle permet également de faire un état des domaines et finances du couple formé par Eléonore Strattman et Adam Batthyany, mais aussi d’étudier le projet économique mis en place par la comtesse, pour la restauration des domaines et la consolidation de l’héritage familial.

La deuxième partie concerne sa relation avec ses fils, et ses petits enfants, en plus de présenter leur éducation et le modèle maternel incarné par Éléonore, cette partie permet d’aborder la réussite sociale de ses fils et la culture matérielle de la noblesse.
Enfin, la dernière partie est consacrée aux différents réseaux autour d’Éléonore Strattman, d’abord celui de la gestion administrative des domaines familiaux, puis son entourage de la Cour de Vienne, et ses relations ambiguës avec Eugène de Savoie.


Ainsi, au-delà du succès d’une famille d’aristocrate ayant choisi de soutenir la branche cadette de la maison d’Autriche, Éléonore Strattman incarne l’histoire de la réussite personnelle d’une femme évoluant dans l’un des plus grands centres culturels et politique d’Europe au XVIIe. Au sein du grand monde, parmi ses contemporains, Eléonore Strattman se distingue donc comme une femme d’exception, charismatique et déterminée. La postérité lui apporta la réputation de la femme la plus influente à la cour, grâce à son emprise sur le prince Eugène de Savoie. Ainsi, la « schön Lori » et la « Frauen Mutter » ne formaient qu’une même personne, dont l’action fut déterminante pour l’avenir de la dynastie des Batthyany.

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