Jean Manac’h et Albert Vigneau entrent respectivement aux PTT pendant la Seconde Guerre mondiale, et en 1956, à une époque où les receveurs qu’ils côtoient conservent bon nombre de leur caractéristique de l’entre-deux-guerres. Ils deviennent tous deux receveurs au milieu des années 1970. Le métier, qui a déjà subi alors des transformations, commence vraiment à changer. Nommés receveurs presque en même temps, les deux témoins ont cependant eu chacun un cheminement professionnel spécifique. Alors que Jean Manac’h gravit les échelons au sein de la filière du « service général » et accède directement comme cadre au grade de receveur, en milieu urbain, Albert Vignau devient receveur en dessous de la catégorie des cadres, dans un village, après une carrière exemplaire au sein du service de la « distribution ». Chacun symbolise, à l’intérieur de cette administration, un type d’ascension sociale différente – mais on pourrait en décrire d’autre -, significative à la fois de points communs et de particularité par rapport à l’ensemble du corps des receveurs.