Faire fonctionner un système postal, ce n’est pas seulement appliquer des règles précises qui ont prouvé leur efficacité mais c’est aussi mettre en branle un ensemble de représentations collectives sur ce qui est licite et illicite, juste et injuste, permis et interdit. Or ces représentations ne sont pas les mêmes dans tous les pays. Les mémoires de P. Le Saux nous disent ici, en évitant les jugements de valeurs qui en affaibliraient la portée, ce qui dans l’Iran d’il y a 40 ans était différent, irréductible à la morale publique telle que l’avaient élaborée les gouvernements du XIXe siècle en Europe. Elles introduisent utilement aux passages sur les grandes institutions de coopération européennes. Telles qu’elles se présentent ces mémoires rappellent enfin à l’historien une caractéristique que l’on oublie parfois dans l’histoire administrative : vie professionnelle et vie privée sont étroitement imbriquées, retentissent l’une sur l’autre et c’est occulter toute une dimension de l’action publique que de méconnaître ses fondements culturels.