La Poste adopte le TGV
Un événement
Le 1er octobre 1984, en gare de Lyon (Charolais) à Paris, Louis Mexandeau, ministre des PTT de François Mitterrand, inaugure le premier trajet du nouveau TGV aux couleurs de la Poste. Transportant désormais courrier, petits colis et presse urgente, le TGV représente depuis 1981 la pointe de la technologie ferroviaire française. Après être devenu le symbole de la SNCF, il s’apprête à devenir la vitrine technologique de la branche postale.
Le TGV postal est un moyen de transport combinant trois qualités recherchées alors : il est rapide, économique et écologique. Il s’inscrit parfaitement dans la politique globale des PTT : le progrès technique au service du public pour optimiser la circulation des objets de correspondance et une « participation au rayonnement de l’industrie française », d’après les mots du ministre.
Un contexte
Le choc pétrolier de 1973 perturbe l’économie et les politiques énergétiques du monde entier. Sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, le pays cherche des alternatives au pétrole, dont la consommation baisse considérablement (-23% entre 1974 et 1982) parallèlement à une production d’énergie électrique bondissante (+148%).
La Poste n’échappe pas à cette dynamique de reconversion énergétique nationale et compte également profiter du développement du projet du TGV enclenché dès 1971.
Le partenariat entre chemin de fer et Postes remonte aux années 1840. Le terrain est donc propice pour mettre en oeuvre un projet unique en son genre : le transport à grande vitesse du courrier de façon rentable et économique sur un axe particulièrement encombré (Paris-Marseille), représentant un tiers du trafic national. Les services postaux ambulants n’arrivent plus à supporter l’augmentation du trafic courrier et interfèrent de plus en plus dans la circulation des trains SNCF, elle-même en expansion.
Sources : Archives Nationales, CAC 20010246 et 20030420 ; Illustrations : CAC 20030420/9 et
photothèque de La Direction de la Communication de La Poste