Le Comité pour l’histoire de La Poste a, malgré sa brève existence, déjà accompli des tâches fort précieuses pour la communauté scientifique. Certes, celui-ci disposait d’atouts importants.
En premier lieu, un vaste et riche ensemble de ressources d’archives, remontant au XVIIIe siècle. L’une des premières initiatives du Comité a d’ailleurs consisté à susciter une étude systématique des fonds, afin de proposer aux chercheurs une organisation cohérente du Service national des Archives de La Poste, la mise en chantier et l’élaboration toujours ardue, d’un guide des sources sur l’histoire de la Poste devraient conduire à amplifier encore le volume des recherches sur ce domaine.
Le second atout que les principaux animateurs du comité ont su exploiter avec habileté et dynamisme provient de la diversité même des objets d’études et des approches scientifiques que ces fonds d’archives permettent de mettre en œuvre. La liste des travaux universitaires, déjà nombreux (maîtrises, DEA, thèses) suscités et soutenus par l’attribution de bourses – autre initiative heureuse qui inscrit l’aide à la recherche dans la durée- témoignent de cette pluralité. Et c’est là, sans doute, l’une des justifications principales de l’action du comité. Les matériaux sur lesquels se construit l’histoire de la Poste ouvrent, en effet, de multiples voies de recherches, qui forment autant de manières d’éclairer l’histoire de la société française tout entière depuis plus de deux siècles. Car la Poste rassemble à l’évidence, les fils de plusieurs histoires entremêlées.
On y trouve tout à la fois l’histoire d’une administration et de ses multiples personnels dans ses trajectoires, ses solidarités, ses conflits et, plus largement, sa (ou ses) culture(s). Mais aussi l’histoire d’une diversité de services, inscrits dans leurs développements techniques et dans leurs contraintes matérielles, commerciales et financières, à la rencontre des pratiques des usagers et du cheminement des principes et réalités contradictoires du service public. Enfin, l’histoire d’un emprise de l’espace français qui nous éclaire, plus largement, sur la construction des territoires à des échelles multiples. Et sans doute d’autres histoires encore… La journée d’études organisée le 10 février 1998 a heureusement rendu compte de ce souci – qui n’est pas si fréquent- de constituer un lieu où s’exprime la pluralité féconde des approches.
Enfin, sachons gré aux animateurs du Comité d’avoir su rapidement – tâche toujours délicate – assurer la rencontre entre les attentes exprimées de l’intérieur de l’entreprise publique et les exigences de la communauté scientifique, les unes et les autres mêlant selon les doses variables, on le sait bien, dynamismes et pesanteurs.
Michel MARGAIRAZ
Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Paris VIII
Membre de la commission scientifique du Comité pour l’histoire de La Poste